Tu me laisses sur le carreau. En vie, mais pas résolue. L’inflammation est toujours vive. Tu m’as donné la vie. Tu me l’as reprise aussi. Reprisée, comme ma grand-mère le faisait jadis avec ses chaussettes. Quelqu’un se retrouve sur ta table. Il y a un siècle, tu n’aurais rien pu faire de grand-mère. Deux filles seraient rendues à leurs papas. Il faut croire que tu n’as pas entendu leur prière de me voir trépasser.
Et je suis toujours là. Eprouvant tous les jours mon aptitude à trahir, à ressentir que je suis remplie de haine. Être ou en être. Je ne sais plus très bien. J’en suis, oui, de toutes les soirées, de tous les concerts, de toutes les fêtes, de toutes les conneries à faire. En vie et en péril.
Avocats, bouchers de l’âme. Architectes, bouchers de l’espace. Chirurgiens, charcutiers.
« Par la violence du dépassement, je saisis, dans le désordre de mes rires et de mes sanglots, dans l’excès des transports qui me brisent, la similitude de l’horreur et d’une volupté qui m’excède, de la douleur finale et d’une insupportable joie ! » G.Bataille. Les Larmes d’Éros.
SUBLIMATION ME VOILÀ.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire