Nadine Gordimer.
12 juin 2011
Par la vitre: rien. Seul le vide qu'encadre le hublot et qu'on nomme ciel? Envahi par des troupeaux vaporeux et des châteaux de nuages, parfois s'y dessine le sillage évanescent d'un autre avion, arc en ciel crayeux. Plus loin, il devient élément gris blanc sans latitude ni longitude, ou alors c'est une substance qui comme la cécité descend sur les yeux. Etat de semi-veille et forme d'inconscience qu'on ne peut expérimenter qu'ici. Dans le rien. Le haut-parleur exhorte les passagers à rester assis et se relaxer. Ce n'est pourtant pas de relaxation qu'il s'agit, mais d'une autre forme transitoire, d'être ou d'avoir, qui ne s'exprime pas ailleurs qu'ici, loin des histoires d'amour, de sexe, de famille et de travail. Ici, je ne fais qu'attendre une ville avec ses bureaux où des gens s'affairent. Pourquoi donc aucun artiste, pas même d'art abstrait, n'a-t-il peint cet état que seule l'invention du voyage en avion a rendu possible?
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