26 avr. 2011

C’était un soir de décembre, un cadeau m’attendait un peu avant les fêtes. Je n’avais eu que très peu d’instructions. Mon voisin, monsieur O. m’a demandé de venir vêtue dans le plus simple appareil. Un imperméable, mes bas à couture rehaussés de mes talons aiguille.
Le froid.
Mes seins fermes et arrogants.
Mon cadeau m’attendrait bien au chaud, vulnérable, tout comme je pouvais l’être, marchant dans cette rue sombre du quartier bordelais. La pierre dégoulinante, pleurait sa pollution crépusculaire.
J’étais plus qu’excitée à l’idée de me retrouver face à l’inconnu. Je craignais le piège tout en me hâtant vers ce que je nommais encore fantasme. Fallait-il franchir le pas ou continuer à sublimer la déviance. C’eut été me nier, démentir mon essence même que de reculer. Mise en péril et mise en abîme.
J’eus à peine franchi le seuil et découvert les mains du maître de jeu qu’un bandeau de tissu noir et rêche me recouvrit les yeux. Je ne savais pas bien si c’était le chauffage ou la montée d’adrénaline qui me submergeait à cet instant mais je crus tombée dans ces bras. Une envie irrépressible peut-être aussi d’être rassurée par un père. Comme répondant à cette attente, il prit ma main pour me conduire au salon.
C’est alors que je sentie l’odeur de sa peau. Une odeur épicée aux couleurs exotiques…
Alaknanda…

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