12 janv. 2012
L'oeil exorbité rond sur votre profil gauche. Accoudé au bar. Vous discutez avec une femme. Nous ne nous connaissons pas. Moi assise sur un tabouret haut. Trois mètres derrière vous. Tenue obéissant au dress code. Talons aiguilles noirs. Bas à couture. A l'extérieur il fait trop froid. Nous restons tous là serrés les uns aux autres. L'ambiance est détendue. La tension électrique. L'oeil exorbité rond sur votre profil gauche. Vous portez le cuir à merveille. Les anneaux aussi. Assise 30 décimètres derrière vous. Je vous vois. C'est bien pire. Je vous devine. Je dois attendre là encore une heure. La tête haute. Mon air méprisant. Je devine. L'oeil exorbité rond sur votre profil gauche. Vous impassible. Une jambe repliée sur l'autre. Imperturbable. Statique. Assise 300 centimètres derrière vous. Je m'agite sur mon tabouret. Je ne sais plus si replier la droite sur la gauche. La gauche sur la droite. Ma main supporte tantôt le menton. Tantôt prépare les confettis d'une publicité. Laissée là sur la table. Ma tête virevolte pour toujours finir sur votre. Oeil exorbité rond sur votre profil gauche. L'oeil luis proéminent. Au milieu de cette. Vaste boîte crânienne. Vue directe et plongeante sur. Hémisphère droit transparent. Le globe projette son dévolu sur. Moi. Assise à l'intérieur de vous. Révélation de votre univers. De mon univers. Formalisation évidente de nos. Fantasmes respectifs visibles dans. L'oeil exorbité rond sur votre profil gauche. L'oeil ne s'ébranle pas. Il perce trivialement tout le méta. Physique imposant. Rugosité infaillible. Rigueur méthodique. Assise dedans. Je mesure la force. Je m'abandonne à la maîtrise. Je devine dans. L'oeil exorbité rond sur votre profil gauche. Camera obscura. Projections sublimes de vos pensées obscènes. Vous fusillez la chienne. Assise en chien de fusil. Elle a disparu. Elle n'existe plus. Elle s'est faite dévorée par. L'oeil exorbité rond de son profil gauche.
9 janv. 2012

Il a les dents de la chance, un trou béant entre ses deux lèvres. Je lui dis : "tu es sacrément veinard". Il me répond: "la chance tu ne l'as pas, tu la choisis". Alors je l'ai poussé violemment sur le lit, j'ai déboutonné sa chemise en le coinçant entre mes cuisses puis j'ai sorti mon crayon de rouge à lèvres
6 janv. 2012
PORTRAIT ROBOT
Musicien, chercheur, peut-être étudiant. Curieux en tous cas. Jamais satisfait.
Sensibilité forte. Tactile et tendre. Patient. Respectueux et à l'écoute des désirs des femmes.
S'il comprend qu'elle n'est pas là, ça lui coupe l'envie. Il sait être fougueux voire violent.
L'esprit d'un homme de cinquante ans dans un corps d'adolescent imberbe. Une bouche généreuse.
Indépendant, rigoureux et ponctuel. Pourrait être mon ami ou mon frère.
Il a la tête sur les épaules, il connaît plus ou moins le chemin et il n'a pas besoin de moi.
Hédoniste.
Qui est-ce?
Avec autre chose qu'une scène de boule dans la tête, qui m'aime, qui me respecte comme une personne sensible aimable et source de bien-être. Qui sache faire l'amour et pas que de la baise. Sensible, généreux, artiste, musicien, modeste et charismatique. Qui aime s'habiller sans se déguiser. Qui m'aime comme je suis, talons aiguilles ou baskets. Bien dans peau, ouvert d'esprit, curieux, passionné, sociable et indépendant. Qui ait compris et me fasse comprendre que je suis la femme de sa vie sans que ça change ou que ça puisse être remis en cause au premier cul venu. Qui se laisse gagner par l'envie de construire à deux, à quatre (avec les enfants). Qui sache exprimer ce qui l'habite, le travaille, qui ne fuit pas pour le repas de famille annuel mais qu'il soit là pour me soutenir. Comme un ami peut le faire.
Et je serai sienne. Aussi exigeante avec moi-même qu'il peut l'être.
Et je serai sienne. Aussi exigeante avec moi-même qu'il peut l'être.
5 janv. 2012
2 janv. 2012
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